Élèves avocats : sortez du lot !

Par Sharon Golec le lundi 23 avril 2012
Recrutement juridique

Lors d’un atelier CV récent à l’EFB de Paris, destiné aux élèves avocats à la recherche d’une première collaboration, des élèves avocats nous ont confirmé la prudence des cabinets d’avocats recruteurs. Comment mettre toutes les chances de son côté sur un marché difficile ?

Affiner son projet

Le CV n’est que la transcription d’un projet professionnel. Si ce dernier, précis, a été construit dans le temps à travers la formation, les stages, et les autres expériences professionnelles et extra-professionnelles, le CV coule de source. Avant même de rédiger son CV, le jeune avocat doit donc définir son projet professionnel (domaine(s) de spécialisation, type de structure, localisation…) à partir d’une analyse de ses appétences, ses capacités et sa personnalité. En effet, les CV attrayants démontrent une cohérence forte entre le projet professionnel, la personnalité du candidat et le contenu du CV. Certains hésitent entre deux projets. Dans ce cas, la préparation d’un CV spécifique à chaque projet est conseillée.

Communiquer son projet

Les cabinets sont inondés de CV. Le premier objectif du candidat est donc d’attirer l’attention du recruteur, pour que le CV soit lu. Comment le faire ?

  • Donner un titre à son CV, par exemple, « collaboratrice droit des affaires ». Le lecteur doit comprendre immédiatement l’objet de la demande : stage ou collaboration ? dans quel domaine ?
  • Structurer le CV : les différentes rubriques du CV doivent être clairement délimitées : formation, expériences juridiques, autres expériences professionnelles, divers… Les candidats mélangent souvent les stages juridiques, les jobs d’été, et d’autres expériences professionnelles, de telle sorte que le lecteur a du mal à identifier les expériences les plus importantes par rapport au poste à pourvoir.
  • Prioriser : le CV n’est pas un document exhaustif. Le candidat doit faire le tri entre ses différentes expériences pour mettre en valeur les plus pertinentes, quitte à ne mettre que les stages les plus récents, par exemple.
  • Susciter l’intérêt : dans le descriptif des stages, éviter de faire une simple énumération des domaines juridiques abordés. Préférer une mise en avant des principales réalisations ou de quelques dossiers marquants.
  • Faciliter la lecture : utiliser une police suffisamment grande, « aérer » le contenu du CV, utiliser des « bullet points » au lieu de rédiger un texte… L’impression générale doit être propre, structurée et harmonieuse.
  • Le CV d’un jeune collaborateur ne doit pas dépasser une page.

Se mettre en valeur

Certains CV sont trop synthétiques, « secs » et impersonnels. Le lecteur risque de les écarter au bénéfice des CV plus « accrocheurs ». Le candidat ne doit pas oublier que le cabinet recrute des individus. Comment faire ressortir sa personnalité et ses qualités, toute en restant professionnel ?

  • Les jobs d’été ou d’étudiant : certains étudiants ont travaillé pour financer leurs études. Il ne faut pas hésiter à indiquer qu’on a occupé un poste à faible qualification si on a travaillé 20 heures par semaine pendant ses études ! Dans ce cas, il faut indiquer le nombre d’heures travaillées. Cela démontre une motivation forte, une bonne organisation…
  • Les activités sportives, associatives ou culturelles : combien mettent « course à pied » alors qu’ils ont couru le marathon, ou « théâtre » alors qu’ils ont un niveau semi-professionnel ? De même, il peut être intéressant de mettre en avant les responsabilités au sein d’une association. Préférer la présentation d’une ou deux activités exercées sérieusement à une litanie de centres d’intérêt.
  • Les langues : si le candidat possède un excellent niveau dans une langue étrangère, il doit le démontrer, en indiquant par exemple le nombre d’années vécues à l’étranger, le bilinguisme de sa famille, les travaux réalisés dans la langue…
  • La photo : elle n’est pas obligatoire, mais une bonne photo ajoute une touche personnelle. Si le candidat utilise une photo, celle-ci doit respecter trois règles : être de bonne qualité, professionnelle (costume cravate pour les hommes, tailleur ou équivalent pour les femmes), et souriante.

Se mettre en valeur, oui, mais sans exagération ! Eviter de, comme on dit en anglais, « over promise and under deliver ». En particulier, le candidat doit évaluer honnêtement son niveau en langues. Combien mettent « anglais courant » alors que c’est loin d’être le cas ? Le niveau est facilement vérifiable.

Sur un marché difficile et concurrentiel, deux règles de base méritent d’être rappelées :

  • la première impression, véhiculée par le CV, doit être positive ;
  • se différencier pour sortir du lot.

Se mettre à la place du cabinet recruteur : lui faciliter le travail en présentant un CV clair et structuré. Se différencier, en mettant en avant ses avantages concurrentiels : la qualité de votre parcours académique, l’intérêt de vos stages, bien sûr ; mais aussi ce qui vous distingue des autres, que ce soit un (vrai) bilinguisme, courir (vraiment) le marathon, avoir vécu à l'étranger, avoir financé soi-même ses études…

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