La cuisine du droit

Par Philippe Melot le mardi 08 avril 2014
Management des Directions Juridiques

Lorsque le Professeur Jamin a lancé l'école du droit de Sciences Po en 2007, de nombreuses voix se sont élevées dans le monde universitaire pour crier au sacrilège. Le Professeur Malaurie a qualifié avec mépris cette nouvelle École d"école des cuisiniers du droit", opposant les Facultés de droit qui enseignent "le Droit" et les autres qui enseignent "du droit". Les praticiens du droit, notamment les juristes d'entreprise, se moquent bien de ces querelles de puristes. Ils sont même fiers d'être des cuisiniers. Une intervenante américaine à la Harvard Law School, Sarah Glassmeyer, pousse même la comparaison de façon éclairante :

Comment faire un gâteau ?

  1. Vous le faites entièrement vous-même: beaucoup de travail nécessitant de disposer des matières premières, œufs, farine, sucre...
  2. Le préparer à partir d'un sachet tout fait: plus pratique car pas besoin de conserver et mesurer les ingrédients en stock, mais plus cher.
  3. L'acheter chez le pâtissier : rapide et facile, bonne qualité mais cher.

Transposons cela au droit : beaucoup de juristes internes pratiquent la solution 1, longue et coûteuse et source d'erreurs, ou la 3, très chère. Or le meilleur rapport qualité / prix, c'est la solution 2, le gâteau pré packagé. De nombreux cabinets d'avocats l'ont compris, qui vendent à leurs clients des solutions légales prêtes à assembler, issues de leur knowledge management : Seyfarth Shaw, Addleshaw Goddard pour ne citer que ceux-ci. L'avenir est à la standardisation des produits juridiques, et aux cuisiniers talentueux qui sauront rapidement et efficacement faire prendre la mayonnaise et monter le soufflé !

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