LA LEGAL TECH OU LES GENERIQUES DU DROIT

Par Philippe Melot le lundi 09 janvier 2017
Management des Cabinets d'avocats

Branle-bas de combat dans le monde Ô combien conservateur des avocats: face à l’arrivée massive sur le marché français de start-up du droit offrant des services juridiques en ligne le Barreau de Paris a créé en juin dernier sa plateforme de consultation juridique jamaissansmonavocat.com.

Les plateformes proposent des services qui associent traitement automatisé des données et algorithmes pour générer contrats et documents juridiques ou administratifs de toutes sortes. Elles s’adressent essentiellement à une clientèle deTPE/PME ou de particuliers qui hésitent à engager les honoraires des avocats, souventtrop élevés pour cette clientèle. Mais elles intéressent aussi les juristes d’entreprises, soucieux d’augmenter leur productivité en se déchargent de tout le juridique répétitif et à faible valeur ajoutée, pour se consacrer aux affaires juridiques à fort enjeu et valeur ajoutée.

Ainsi assiste-t-on sur le marché juridique à un phénomène comparable, bien connu dansla pharmacie: celui de l’apparition des génériques de médicaments princeps: le même produit mais vendu moins cher car tombé dans le domaine public. Le domaine public, dans le droit, c’est l’internet: tout ou presque y est gratuit. Lemodèle de contrat n’est autre qu’un “générique", c’est dire qu’il possède les mêmes propriétés juridiques, mais il est accessible à tous et ne porte pas le nom de marque. Les avocats qui pendant des décennies ont vendu avec de fortes marges des contrats types, mais revêtu de la marque de l’avocat, se voient aujourd’hui sérieusement concurrencés sur cette partie de leur activité par des sociétés utilisant l’internet,grand banaliseur d’information.

Comme les laboratoires pharmaceutiques obligés de revoir leurs stratégies face aux génériques, les avocats doivent réagir. Certains ont créé leur “génériqueur”, d’autres en rachètent, d’autres enfin se repositionnent sur les prestations de conseil à forte valeur ajoutée. Quant aux juristes d’entreprises, ils subissent de plein fouet les restrictions de budget et doivent faire plus avec moins: les plateformes juridiques sont pour eux une source de productivité appréciable.

Pour aller plus loin, voir le rapport du Boston Consulting Group et de la Bucerius Law School, « How Legal Technology Will Change the Business of Law », janvier 2016).

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