Quelles nouvelles compétences pour les professionnelles du droit ?

Par Sharon Golec le mardi 09 avril 2019
Legal Education

Tel était le thème de la table-ronde du 8 avril proposée par le Club LexisNexis.  Parmi les intervenants, tous intéressants, M. Pierre Berlioz, Directeur de l’EFB, a proposé des recommandations concrètes sur les compétences à développer en priorité.  Ses recommandations sont pour la plupart applicables tant aux juristes d’entreprise qu’aux avocats :

- Tout d’abord, changer la politique d’embauche en privilégiant des profils plus transversaux ; par exemple, les jeunes avocats possédant une appétence pour l’informatique et les nouveaux outils numériques. Ce type de compétence constituera un avantage concurrentiel pour les cabinets d’avocats, qui doivent proposer de nouveaux services.  M. Berlioz a souligné que les avocats doivent être acteurs sur le marché des legaltechs.  Ils sont les mieux placés pour développer les outils qui correspondent aux besoins des clients.  Encore faut-il disposer des compétences techniques en interne…
- Développer sa curiosité intellectuelle au-delà de la sphère juridique.  Notamment en étant un peu « geek », en s’intéressant aux nouveaux outils, à leur fonctionnement et à leurs finalités. 
- Développer sa capacité à s’exprimer en public. Peu ou pas enseigné à l’université, et pas assez à l’EFB, cette capacité permet au juriste de convaincre au-delà de sa fonction.  Notamment, le juriste doit savoir adapter sa communication à des publics différents (financiers, opérationnels, direction générale…).
- Apprendre à travailler en groupe et en mode projet. Cette compétence est vitale pour apporter sa pierre aux projets transversaux et pour comprendre dans le détail les besoins de ses clients, qu’ils soient « internes » ou externes. Travailler en mode projet permet à l’avocat ou au juriste de mieux retranscrire ces besoins en offre de service.
- Apprendre les techniques de négociation. Là encore, il s’agit d’une compétence peu ou pas enseignée à l’université. Le jeune juriste qui ne bénéficie pas des conseils réguliers d’un juriste expérimenté en négociation doit prendre l’initiative pour se former, au risque de ne pas développer cette compétence clé.
- Apprendre à gérer les situations conflictuelles. Cette compétence repose sur des « soft skills » tels que l’écoute active, la bienveillance, la compréhension de la dynamique de groupe. Le développement de la médiation, par exemple, répond au besoin qu’expriment de nombreux clients.

Si les formations juridiques évoluent pour être plus proches du terrain, la mission principale de l’université reste nécessairement la transmission du savoir technique et théorique. Chaque juriste doit donc être proactif pour identifier ses pistes d’amélioration et suivre les formations nécessaires, notamment dans le cadre de la formation professionnelle continue. Ce type de formation privilégiera la transversalité et facilitera la mobilité professionnelle des juristes.

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